Sauvegarde et restauration

Il existe deux façons de sauvegarder une Waarp Transfer, qui n’ont ni le même périmètre ni les mêmes contraintes. Elles sont complémentaires plutôt que concurrentes.

Par export JSON

La commande waarp-transferd export écrit la configuration dans un fichier JSON, que waarp-transferd import relit.

Par copie de la base et de la clef

Une sauvegarde du SGBD, accompagnée du fichier contenant la clef de chiffrement.

Export JSON

Base de données et clef

Mise en œuvre

Une commande, indépendante du SGBD

Dépend du SGBD utilisé

Nombre de fichiers

Un seul

Au moins deux : la base et la clef

Secrets

En clair dans le fichier

Chiffrés, illisibles sans la clef

Historique des transferts

Non inclus

Inclus

Changement de SGBD

Possible

Non

Restauration partielle

Oui, par catégorie d’éléments

Non, tout ou rien

L’export est donc l’outil adapté à la sauvegarde de la configuration, à une migration de serveur, ou à un changement de SGBD — un passage de SQLite à PostgreSQL par exemple, où une copie de base ne serait d’aucun secours. La copie de base est en revanche la seule méthode qui préserve l’historique des transferts.

Le format des fichiers d’import/export est documenté ici.

Avertissement

Sur une installation par paquet, lancez ces commandes sous l’identité du compte waarp, et non en root. Exécutée en root avant le premier démarrage du service, une de ces commandes crée une clef /etc/waarp-transfer/passphrase.aes appartenant à root, que le service ne pourra ensuite plus lire — il refusera alors de démarrer. Le compte waarp n’ayant pas de shell de connexion, runuser -u waarp -- est la forme à utiliser.

Méthode 1 : export et import JSON

Sauvegarde

La commande waarp-transferd export récupère les éléments demandés depuis la base de données et les écrit dans un fichier.

  • -c : le fichier de configuration de Waarp Transfer, qui contient les informations de connexion à la base.

  • -f : le fichier de destination. En son absence, l’export est écrit sur la sortie standard.

  • -t : limite l’export à certaines catégories d’éléments. L’option peut être répétée. Par défaut, tout est exporté. La liste des valeurs acceptées est donnée par la documentation de la commande.

Par exemple, pour exporter la totalité de la configuration :

runuser -u waarp -- waarp-transferd export -c '/etc/waarp-transfer/transferd.ini' -f 'transfer_backup.json'

Et pour n’exporter que les serveurs et les partenaires :

runuser -u waarp -- waarp-transferd export -c '/etc/waarp-transfer/transferd.ini' -f 'transfer_backup.json' -t 'servers' -t 'partners'

Danger

Le fichier d’export contient les secrets en clair. Les mots de passe des comptes distants, les clefs privées TLS et SSH, les identifiants cloud et SMTP, les passphrases SNMPv3 et les clefs de chiffrement PGP et AES sont stockés chiffrés en base, mais l’export les déchiffre pour les écrire dans le JSON.

C’est ce qui rend cette sauvegarde autonome — elle ne dépend pas de la clef de chiffrement — mais cela impose de protéger le fichier en conséquence : droits restreints, stockage chiffré, et en aucun cas un dépôt Git ou un partage réseau en clair.

Restauration

La commande waarp-transferd import relit un fichier d’export et insère son contenu dans la base.

  • -c : le fichier de configuration de Waarp Transfer.

  • -s : le fichier source de l’import. En son absence, il est lu sur l’entrée standard.

  • -t : limite l’import à certaines catégories. Mêmes valeurs que pour l’export, et par défaut tout est importé. Voir la documentation de la commande.

  • -r : vide les tables concernées avant d’importer. Pour un usage en script, --force-reset-before-import fait de même sans demander de confirmation.

  • -d : simule l’import sans appliquer aucun changement. Utile pour vérifier qu’un fichier source est valide avant de l’appliquer réellement.

Par exemple, pour remplacer les serveurs et les partenaires existants par ceux du fichier de sauvegarde :

runuser -u waarp -- waarp-transferd import -r -c '/etc/waarp-transfer/transferd.ini' -s 'transfer_backup.json' -t 'servers' -t 'partners'

Les secrets étant en clair dans le fichier, ils sont rechiffrés à l’import avec la clef de l’instance qui les reçoit. Une sauvegarde reste donc exploitable même si cette clef n’est pas celle qui a servi à produire l’export, ce qui est le cas lors d’une migration de serveur.

Méthode 2 : copie de la base et de la clef

Sauvegarde

Cette méthode consiste à sauvegarder la base de données par les moyens propres à votre SGBDpg_dump, mysqldump, ou une copie du fichier pour SQLite, le service étant arrêté afin d’obtenir un état cohérent.

Danger

La base seule ne suffit pas. Les secrets y sont chiffrés, et la clef qui permet de les lire n’est pas dans la base : elle vit dans le fichier désigné par le paramètre AESPassphrase de la configuration, soit /etc/waarp-transfer/passphrase.aes sur une installation par paquet.

Cette clef fait partie intégrante de la sauvegarde et doit être copiée en même temps que la base, puis conservée avec le même niveau de protection.

Restauration

Restaurez la base par les moyens de votre SGBD, puis remettez en place le fichier de clef avant de démarrer le service.

Danger

Restaurer une base sans sa clef est une perte de données définitive et silencieuse.

Si la clef est absente au démarrage, Transfer en génère automatiquement une nouvelle. Le service démarre alors sans la moindre erreur : les règles, les utilisateurs, les partenaires et l’historique sont tous intacts, et rien n’indique qu’un problème existe. La panne n’apparaît qu’au premier transfert, sous la forme d’une erreur de déchiffrement des identifiants.

Restaurer la clef d’origine après coup ne répare pas la situation : tout ce qui aura été écrit sous la clef intermédiaire deviendra illisible à son tour, et plus aucune clef ne permettra alors de lire l’intégralité de la base.

Les clefs privées PGP et AES utilisées par les tâches de chiffrement sont concernées au même titre que les mots de passe : leur perte peut rendre indéchiffrables des fichiers déjà traités.

Historique des transferts

L’historique n’est pas couvert par export et import. Il n’est sauvegardé que par la copie de la base.

Il existe cependant un mécanisme dédié, dont la finalité première est l’archivage plutôt que la sauvegarde : l’option -e de la commande purge écrit dans un fichier JSON les entrées qu’elle supprime, et la commande restore-history permet de les réinjecter.

Note

purge -e est une opération destructrice : elle exporte ce qu’elle efface. Elle ne peut donc pas servir à sauvegarder un historique que l’on souhaite conserver en base.